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Un budget provincial sous le signe du rattrapage et de la marchandisation de l’éducation

31 mars 2017
Un budget provincial sous le signe du rattrapage et de la marchandisation de l’éducation
Le budget présenté cette semaine par le gouvernement du Québec devait être, aux dires du premier ministre Philippe Couillard, un « beau budget», « le budget de l’espoir retrouvé ». Dans le même ordre d’idées, le ministre des finances, Carlos Leitão affirmait que le budget à venir serait «le budget de la confiance et de l’optimisme», «le budget de la bonne conscience».

 

L’AELIÉS a assisté au huis clos du budget mardi 28 mars. Et, alors que les rumeurs laissaient présager un réinvestissement massif en enseignement supérieur, nous accueillons avec énormément de réserve le budget 2017-2018. En effet, pour l’AELIÉS, celui-ci n’est pas à la hauteur de l’engouement suscité par le gouvernement. Dans cet édito, il sera question de mettre en évidence ce qui constitue pour nous les faits saillants du budget Leitão.    

 

1,1 G$ de dollars pour l’enseignement supérieur  
Le gouvernement a annoncé un peu plus d’un milliard de dollars d’investissement sur cinq ans en enseignement supérieur. Cet investissement a pour but d' «améliorer la qualité de la formation et de relever le taux de diplomation aux études supérieures». Pour l’instant, il est impossible de savoir comment ces sommes seront réparties entre les cégeps et les universités. Réparties de façon croissante sur une période allant de 2017 à 2022, une forte proportion de ces sommes ne sera attribuée que bien après les prochaines élections provinciales (i.e. 2018). Ce qui laisse planer un nuage d’incertitude sur ce « réinvestissement ». En outre, même si ces sommes venaient à être attribuées en totalité, tel que promis, ce réinvestissement parviendrait à peine à compenser les compressions budgétaires constantes imposées aux universités québécoises.  


363 M$ pour l’aide financière aux études
Au chapitre de l’aide financière aux études (AFE), l’AELIÉS salue l’énorme travail de l’Union Étudiante du Québec (UEQ) et de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) qui, grâce à leur campagne des 80 M$, sont parvenues à obtenir cette bonification de l’AFE. Ainsi donc, le gouvernement Couillard prévoit un investissement de 80 M$ dès l’exercice de 2018-2019 et cela jusqu’en 2022, en plus d’un investissement de 43 M$ de dollars pour l’exercice de 2017-2018.  

180 M$ pour les Fonds de recherche du Québec  
Du côté de la recherche, le gouvernement a annoncé «l’augmentation de 180 millions de dollars du financement des Fonds de recherche du Québec pour encourager la recherche et l’innovation dans les établissements d’enseignement supérieur». Ces sommes allouées sur cinq ans «contribueront à la prochaine stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation qui sera dévoilée ultérieurement par la ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation». On doit donc attendre l’annonce prochaine de la ministre Dominique Anglade afin de connaître les modalités de répartition de ces sommes entre les différents fonds et espérer que tous les secteurs de recherche reçoivent l’attention qui s’impose.  

Un budget sur fond utilitariste et mercantiliste
S’il y a un constat général qui se dégage du budget 2017-2018, c’est que celui-ci a été échafaudé en suivant une logique utilitariste et mercantiliste. On y lit que les études supérieures répondent « aux besoins de l’avenir du Québec », d’abord et avant tout pour garantir « la prospérité économique » du Québec. Sur l’ensemble du réinvestissement annoncé, 73 M$ seraient consacrés exclusivement à « répondre aux besoins du marché du travail » et les étudiants internationaux sont désignés comme étant une ressource à attirer et à retenir. La mission de savoir, de culture et d’humanisme portée par les établissements universitaires se voit donc réduite au second rang derrière la marchandisation du savoir, ce qui n’est guère rassurant quant à l’attribution des sommes supplémentaires en recherche.  

S’il est néanmoins rafraîchissant de voir un investissement au lieu des coupes à blanc auxquelles nous sommes habitués, force est d’admettre qu’il faudra plus que cela pour remettre l’enseignement supérieur et la recherche sur les rails. Par ailleurs, malgré les propos rassurants du ministre des Finances qui prétend que la maison est finalement en ordre, le temps n’est pas encore venu de se desserrer la ceinture – ni les dents.    


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