Le doctorat : une richesse qui n'est pas appréciée à sa juste valeur

28 septembre 2017
Le doctorat : une richesse qui n'est pas appréciée à sa juste valeur

Les 21 et 22 septembre derniers ont trouvé écho pour l’AELIÉS ainsi que pour les quelque 225 personnes qui ont pris part aux Journées de la relève en recherche (J2R), organisées par l’Association francophone pour le savoir (Acfas). Le contenu des J2R était destiné aux étudiantes et aux étudiants des cycles supérieurs, et bien entendu, la recherche était au cœur des discussions.

Un des sujets a particulièrement retenu notre attention est celui de l’employabilité des doctorantes et des doctorants. Lors des Journées de la relève en recherche, le Comité intersectoriel étudiant des Fonds de recherche a effectué une consultation sur l’insertion professionnelle des doctorantes et doctorants en milieu de travail. Dans un premier temps, il a été question des obstacles et des facteurs facilitants chez les étudiant.e.s chercheur.e.s à la transition vers une carrière non académique. Par la suite, des propositions et de pistes d’action pour soutenir les étudiant.e.s chercheur.e.s dans leur parcours ont été abordés. Ainsi, le panel au titre évocateur « La vie après le doctorat : parcours inspirants » a porté notre réflexion à un second niveau et est venu nous confirmer la nécessité de documenter cet enjeu.

Comme en témoigne Frédéric Bouchard, président de l’Acfas, dans un article éloquent du journal Le Devoir, les admissions au doctorat n’ont cessé de croître au cours des dernières années sans toutefois que les postes en milieu académique suivent la même progression. La valorisation du doctorat est un enjeu préoccupant pour l'AELIÉS. De ce fait, il nous apparaît inquiétant de constater que des personnes ayant développé un sens critique, une éthique de travail et des compétences en gestion de projets, entre autres, en plus de posséder des capacités d’analyse rigoureuse ne soient pas vus comme des atouts indispensables à la société. Combien de fois avons-nous entendu dire que les étudiantes et les étudiants au doctorat font peur aux employeurs ? Ou alors entendu le préjugé selon lequel les doctorantes et doctorants resteraient dans leur « tour d’ivoire », déconnectés de la société?

Il semble que nous faisons face à un paradoxe en ce sens que d’un côté, on se targue de faire partie d’une société du savoir, nos élus de toute allégeance politique faisant d’ailleurs la promotion de l’éducation comme étant le remède par excellence pour résoudre les enjeux sociaux. Mais considérant cela, comment se fait-il que certains individus songent à retirer leur Ph. D. de leur CV afin de faciliter leur recherche d’emploi? Pourquoi, certaines personnes sont confinées à un poste où leur potentiel n’est pas pleinement utilisé? Force est de constater la profonde incohérence entre ces deux réalités! Sur qui ou sur quoi mettre la faute? Certains pointent le manque à gagner dans l’innovation organisationnelle et sociale au Québec. D’autres évoquent le sous-financement de la recherche fondamentale au Canada. Peut-être s’agit-il d’une mauvaise compréhension des compétences transversales développées lors des études doctorales?

Difficile de cerner des causes sans avoir des faits ou des données probantes. C’est pourquoi l’AELIÉS a prévu, dans son plan d’action 2017-2018, documenter la question de l’employabilité des doctorantes et des doctorants. À la suite d'une analyse étoffée de la situation, nous serons en mesure de poser un diagnostic clair et surtout d’émettre des recommandations que nous acheminerons à l’administration de l’Université Laval et à tous les acteurs concernés.

Le Comité exécutif