Lutte contre les violences à caractère sexuel sur les campus : une responsabilité individuelle et collective

9 novembre 2017
Lutte contre les violences à caractère sexuel sur les campus : une responsabilité individuelle et collective

On s'entend pour dire que la lutte contre les violences à caractère sexuel sur les campus universitaires est une responsabilité partagée qui s'appuie notamment sur un précieux travail de collaboration dans les milieux universitaires. On parle ici de mettre des efforts communs en ce qui a trait à la prévention (sensibilisation, information) et à l’intervention (formation, mise en place de pratiques et d’actions concrètes, etc.).

Pour parler de l’Université Laval, déjà plusieurs initiatives et ressources ont permis et permettent encore de faire un travail de sensibilisation et d’intervention à cet égard, mais il reste encore beaucoup de travail à faire pour enrayer les violences à caractère sexuel sur le campus. Nous ne l’exprimerons jamais assez : les violences à caractère sexuel et le harcèlement constituent un problème sérieux qui a des conséquences néfastes sur la santé mentale des victimes. Pour les étudiantes et les étudiants qui en sont victimes, cela a également une incidence sur leur cheminement académique.

Une loi pour assurer un environnement d’études et de travail sain et respectueux

Le 1er novembre dernier, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Condition féminine, Hélène David, a déposé un projet de loi visant l’adoption d’une politique pour prévenir et combattre les violences à caractère sexuel par les établissements d’enseignement supérieur d’ici 2019. Cette politique devrait notamment inclure les règles encadrant les activités sociales et l’accueil des étudiantes et des étudiants, les mesures de sécurité, des formations obligatoires, un processus de plainte, etc.

Une politique claire en matière de prévention et de lutte contre les violences à caractère sexuel dans une université, c’est entre autres faciliter le processus de dénonciation, mais aussi éviter par exemple qu’une direction empêche une victime de dénoncer son agresseur à la police le temps qu’elle mène sa propre enquête, ou encore d’user d'un pouvoir discrétionnaire pour contourner le règlement et faire taire les victimes qui portent plainte.

Le projet de loi 151 marque donc un bon coup d’envoi pour soumettre les établissements d’enseignement universitaire à définir concrètement les actions à mettre en œuvre pour venir en aide aux victimes de violences à caractère sexuel, mais aussi pour renforcer la sensibilisation à cet égard. Il va de soi que les étudiantes et les étudiants devront cependant faire partie intégrante du processus d’élaboration de la politique, si le projet de loi venait qu’à être adopté.

Certes, en cas d’adoption du projet de loi, le ministère de l’Enseignement supérieur devra s’assurer que les établissements d’enseignement supérieur disposeront des ressources nécessaires, notamment le financement et le personnel, afin qu’ils puissent élaborer leur politique et surtout la mettre en application. Il apparaît naturel que le gouvernement s’assure que les ressources nécessaires à l’application de la loi soient fournies aux établissements et qu’on n’impose pas à nos universités des efforts de financement supplémentaires.

Une politique… et après?

Toujours si le projet de loi vient qu’à être adopté, les universités devront faire bien plus qu'adopter une politique pour prévenir et combattre les violences à caractère sexuel : tous les acteurs impliqués devront faire leur part pour atteindre un réel changement de mentalité et de comportement. Ce dernier devra passer par des séances de formation aux témoins, du soutien et de l’accompagnement aux victimes qui devront être mis en place par les universités – si ce n’est déjà fait –, mais aussi par les associations étudiantes qui devront continuer d’adopter une attitude exemplaire dans l’organisation des activités d’initiation et des diverses activités sociales. Chaque étudiante et étudiant et membre du personnel a bien entendu un rôle positif à jouer sur le campus, par exemple celui de témoin actif lorsque des incidents ou des plaintes de violences à caractère sexuel sont portés à leur connaissance. Parce qu’après tout, la lutte contre les violences à caractère sexuel sur les campus, c’est une responsabilité individuelle et collective!

Le Comité exécutif

 


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