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Paradis fiscaux: la part volée de l’enseignement supérieur

20 février 2018
Paradis fiscaux: la part volée de l’enseignement supérieur

Nous savons tous qu’il y a un manque énorme à gagner en éducation supérieure au Québec. Les coupes gouvernementales de ces dernières années sont venues jeter l’ombre sur les gains obtenus par le mouvement étudiant en 2012. Sans se lancer dans une guerre de chiffres, on estime à environ 800 millions de dollars le montant qu’il faudrait réinvestir en éducation supérieure afin de revenir à des niveaux de financement pré-austérité.

Les facultés qui en payent le prix fort sont bien évidemment celles qui comprennent des disciplines qui sont peu reconnues par la société. RadioCanada rapportait dernièrement que les facultés de lettres et sciences humaines, philosophie et de musique souffraient de déficit chronique.

Lorsque l’on attend l’autobus à -20 degrés Celsius durant 20 minutes, c’est la faute des paradis fiscaux disait Alain Deneault dans son livre Une escroquerie légalisée. Nous rajouterions que lorsque notre système d’éducation est sousfinancée, c’est aussi la faute des paradis fiscaux.

Nous ne pouvons pas savoir exactement combien d’argent il serait possible d’aller chercher en légiférant afin de réclamer ce qui nous est dû. Par contre, selon une estimation de l’OCDE, ce sont des centaines de milliards qui sont perdus par les gouvernements à cause de ses stratagèmes empruntés par les grandes entreprises privées. Ce serait environ 231 milliards que les entreprises canadiennes auraient investi dans les paradis fiscaux en 2016. Nous sommes en mesure de rêver qu’en faisant payer les entreprises ce qu’elles doivent à la société, il serait possible de refinancer le système d’éducation.

C’est pourquoi l’AELIÉS presse les gouvernements fédéraux et provinciaux de s’engager dans la lutte aux paradis fiscaux le plus vite possible. Nous sommes sceptiques quant à la réelle volonté du gouvernement provincial de s’impliquer dans cette lutte, malgré la mise sur place d’une escouade de 75 experts pour se pencher sur la question. Il reste qu’il y a aussi 220 fonctionnaires qui travaillent à démasquer les « fraudeurs » de l’aide sociale. Ce déséquilibre au niveau de l’attribution des ressources humaines sur ces deux enjeux en dit long sur les priorités du gouvernement.

La situation n’est pas meilleure au niveau fédéral, même si le premier ministre, Justin Trudeau, annonçait lors de son passage chez nous son désir de légiférer sur la question. Dans les faits, le Canada contribue plutôt à faciliter l’utilisation de paradis fiscaux chez les entreprises privées. Marwah Rizqy, fiscaliste et professeure à l’Université de Sherbrooke, affirme que « Le Canada n’est pas du tout un allié dans la lutte aux paradis fiscaux. Au contraire, il joue un rôle de facilitateur ». Il faut aussi souligner les liens entre le grand argentier du Parti Libéral du Canada, Stephen Bronfman, et les Paradise papers, qui viennent nous faire douter des engagements du gouvernement fédéral.

L’AELIÉS tient à souligner le courage des gens qui sont engagés à lutte aux paradis fiscaux : que ce soit Alain Deneault, qui s’est retrouvé marginalisé au sein du milieu académique à cause de ses opinions, ou encore le comédien Vincent Graton, qui interpelle M. Trudeau sur Twitter depuis 100 jours à propos des paradis fiscaux, sans réponse. C’est en continuant de dénoncer les injustices que nous pourrons enfin dire que tout le monde contribue à la société de manière équitable.

Nous soulignons par ailleurs la présence de M. Alain Deneault à la Chaire publique qui aura lieu le 26 février prochain à 19 heures. Cette conférence intitulée « Où va votre argent? » traitera entre autres de la question des paradis fiscaux.

Le comité exécutif