Publié le 29 mai 2020

Lettre ouverte – Le gouvernement néglige encore les étudiant·e·s internationaux

En pleine crise sanitaire, Simon Jolin-Barrette annonce à nouveau un projet de règlement restreignant l’accès au Programme de l’expérience québécoise (PEQ) qui permet aux étudiant·e·s internationaux d’obtenir plus rapidement leur résidence permanente après une diplomation en sol québécois. Le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) exigerait une expérience de travail d’un an au minimum pour les nouvelles demandes, ce qui annule le volet étudiant du programme. La clause transitoire annoncée exclut les étudiant·e·s diplomé·e·s qui ont déjà déposé une demande au PEQ, mais aucune clause de droit acquis n’a été mise en place pour les étudiant·e·s internationaux qui sont déjà aux études à l’heure actuelle.

En revenant à la charge sans clause de droit acquis, le ministre Jolin-Barrette fait preuve d’un manque total de considérations et de compassion envers les étudiant·e·s qui ont choisi de venir s’installer aux Québec pour leurs études et qui ont investi des quantités très importantes de temps et d’argent à cette fin.

Pour les membres de l’AELIÉS, les études ne sauraient être réduites au simple fait d’étudier : pour bon nombre d’entre eux, elles constituent un travail en bonne et due forme. Or, le ministère a choisi de reconnaître ni l’expérience acquise par les étudiants·e·s pendant leur parcours universitaire ni le travail fait dans le cadre d’études aux cycles supérieurs. Pourtant, les heures travaillées dans un milieu en lien avec les études, ainsi que les stages pourraient très bien être pris en compte dans l’expérience demandée. La validation de celles-ci pourrait atténuer les effets pervers de l’augmentation des délais de traitement prolongé et éviter ce faisant d’annuler entièrement le volet étudiant du PEQ. En effet, l’augmentation du délai de traitement des demandes de vingt jours à six mois s’avère tout aussi problématique. Comme le PEQ servait jusqu’à présent de « voie rapide » vers la résidence permanente, nous percevons une incohérence certaine dans les nouveaux délais imposés par le MIFI.

Nous reconnaissons l’évolution faite depuis la première tentative de réformer le programme d’excellence du Québec. Toutefois, cette deuxième tentative demeure insatisfaisante et nous enjoignons au ministre de revenir sur sa décision d’abolir le volet étudiant du PEQ. L’AELIÉS tient donc à dénoncer cette mesure qui vient, une fois de plus, chambouler les plans de vie et de carrière de milliers de diplômé·e·s internationaux d’universités québécois·e·s. Dans le contexte de crise actuel où nos membres internationaux souffrent déjà d’être laissé·e·s pour compte dans les mesures pour compenser les effets de la pandémie, une telle annonce nous paraît mal venue. Nous croyons également que le gouvernement Legault commet un faux pas en créant des obstacles supplémentaires dans l’obtention d’un certificat de sélection du Québec (CSQ).

Le Québec a le privilège d’avoir un système d’enseignement supérieur attirant des candidat.es à l’international. Le gouvernement du Québec se doit d’assumer la responsabilité de protéger cette réputation en ne limitant pas l’accès au PEQ.

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